Detroit à l’heure d’une nouvelle ère.

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clickondetroit.com

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« Pourquoi s’incliner devant la délocalisation des entreprises américaines ? Pourquoi laisser la rouille et les mauvaises herbes terminer ce qu’elles ont commencé ?

Se reconstruire est un défi de taille, mais nous sommes prêts à le relever. Nous commençons par redynamiser une marque américaine légendaire et une ville américaine légendaire. Parce que nous croyons en la grandeur de l’industrie. Et en la splendeur de l’industrie manufacturière.Nous savons que Detroit n’a pas qu’une histoire. Cette ville a aussi un avenir.

C’est pourquoi nous sommes ici. Pour investir dans nos compétences, à une échelle adaptée. Pour bâtir une communauté animée par l’excellence du travail artisanal et un sentiment de fierté à l’égard de son métier. Pour nous ré-approprier l’amour des choses bien faites. Et pour définir le luxe américain à travers la qualité américaine. »  Tom Kartsotis fondateur de SHINOLA, ancien fondateur du groupe horloger Fossil.

 

lesechos.fr

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Difficile d’imaginer qu’au 5è étage de cet immeuble (l’emblématique Argonaut Building 1928-1930) érigé par Albert Kahn dans un style Art Déco et qui a servi de centre de recherche et développement pour General Motors, en plein coeur de Détroit, se cache la dernière manufacture horlogère américaine de taille industrielle.

Une ville en faillite, un taux de criminalité record….Detroit n’est plus la « Paris du Midwest » qu’elle était au début du siècle dernier avec son patrimoine Art Déco. Alimentée par l’incroyable essor de l’industrie automobile, le visionnaire Henri Ford en tête, Detroit s’était simplement hissée au rang de quatrième ville des Etats-Unis dans les années cinquante. Tous les plus grands architectes se pressaient pour y réaliser des oeuvres majeures . Après des décennies de déclin, d’exode et de violence incontrôlables, il semblait alors presque impensable de voir une usine de Detroit tourner à plein à nouveau.

Et pourtant la plupart des salariés qui travaillent dans les ateliers et sur les lignes de production, sont originaires de Détroit. Diplômés pour certains d’écoles d’horlogeries, ils ne trouvaient plus à s’employer dans leur domaine, en raison de la sinistrose ambiante jusqu’à ce que Shinola rouvre. Ils ont été formés par les équipes suisses et thaïlandaises de Ronda afin que le savoir-faire industriel, jadis très fort à Détroit, revienne dans la ville.

Ainsi le re-lancement de la marque Shinola a replacé la ville en faillite sur la carte des destinations lifestyle : aficionados de vélos intemporels, montres de belle facture et accessoires en cuir, le made in America a de beaux jours devant lui !

Shinola, ancienne marque de cirage fondée en 1907, fait un sans-faute : non seulement elle surfe sur l’héritage du premier centre de recherche et studio de design de General Motors (antichambre d’innovations majeures du XXe siècle), mais en plus elle se targue d’y implanter la première manufacture de montres du nouveau millénaire.

La jeune marque étalait même ses ambitions en pleine page du « New York Times » : fière de re-dynamiser Detroit, elle scandait « Where American is Made ». « Nous souhaitions créer une marque américaine moderne, réintroduire l’idée de production nationale à une échelle qui permette de façonner une culture d’entreprise, de fédérer une communauté autour de produits qui durent ».

Shinola-118 detroit.curbed.com

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Dans ses locaux flambants neuf, la jeune manufacture réveille le glorieux passé de la mégalopole : celle d’une usine bien rodée prête à produire en nombre. Et pour cause, Shinola s’est fixée de sortir 500.000 montres par an dans les trois ans à venir et de créer 300 emplois ! En étendant sa gamme à des bicyclettes, des accessoires en cuir et de la papeterie, la marque met au pilori l’idée même de chaîne de montage aliénante pour définir les codes d’un nouvel empire lifestyle !

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Pour en savoir plus, un blog particulièrement bien documenté.