La belle architecture du Grand Palais

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Le « Grand Palais des Beaux-Arts » fut édifié à Paris en 1897 pour l’exposition universelle de 1900 qui devait avoir lieu au Palais de l’Industrie, inconfortable, datant de 1855. Ce monument consacré par la République “à la gloire de l’art français”, comme il est inscrit au fronton de l’aile ouest, avait pour vocation originelle d’accueillir les grandes manifestations artistiques officielles de la capitale.

Par arrêté du 12 juin 1975, la nef est classée au titre des monuments historiques. Le 6 novembre 2000 un nouvel arrêté protège le Grand Palais dans sa totalité.

Un concours d’idées entre architectes est décidé par arrêté du 22 avril 1896. Contrairement à ce qui avait été prévu pour le palais du Trocadéro ou de l’Opéra Garnier, il n’est pas envisagé que la compétition soit internationale. Le concours ne s’adresse, ici, qu’aux seuls architectes de nationalité française.

Après une suite d’épreuves très disputées, de péripéties et un âpre débat au sein des représentants des autorités, de la presse et du grand public, les architectes Henri Deglane, Albert Louvet, Albert-Félix-Théophile Thomas et Charles Girault ne pourront être départagés et seront donc choisis pour réaliser une synthèse de leurs propositions respectives et faire œuvre commune.

Le vaisseau principal, d’une longueur de près de 240 mètres, est constitué d’un espace imposant surmonté d’une large verrière. La voûte en berceau, la coupole et le dôme pèsent environ 8 500 tonnes d’acier, de fer et de verre. Le poids total de métal utilisé atteint 9 057 tonnes (contre 12 000 pour la gare d’Orsay et 7 300 pour la structure de la tour Eiffel). Le sommet de cet ensemble culmine à une altitude de 45 mètres.

Ce type de bâtiment marque l’aboutissement de l’éclectisme propre au  “style beaux-Arts”. Le Grand Palais constitue, à lui seul, un résumé des goûts de la « Belle Epoque ».

L’ouvrage est l’un des derniers jalons d’une époque antérieure à l’ère de la fée électricité. Il témoigne de ce moment des grandes structures transparentes où l’apport en lumière naturelle est encore indispensable à tout grand rassemblement humain.

Dès 1901, le Grand Palais abrite, parallèlement aux Salons artistiques, de nombreuses autres manifestations. C’est notamment pour le concours hippique, accueilli jusqu’en 1901 au Palais de l’Industrie, que le Grand Palais est doté d’une nef et d’une piste sablée. À partir de 1901, d’autres Salons se succèdent. Ils sont majoritairement dédiés à l’innovation et la modernité : Salon de l’automobile de 1901 à 1961, Salon de l’aviation de 1909 à 1951, Salon des arts ménagers, etc.

Avec l’avènement du Front populaire en 1936, ces salons artistiques, considérés par certains comme l’expression d’un art réservé à une élite bourgeoise, perdent progressivement de leur prestige, après la guerre, on leur préfère les salons techniques et commerciaux, plus rentables !

L’architecture du Grand Palais est une illustration parfaite de la créativité industrielle de l’époque tant dans ses matériaux utilisés, les prouesses techniques de sa conception que dans le choix d’expositions toujours à la pointe du progrès.