Une “ferronnerie” à Belleville

L’atelier de métallerie connue sous le nom de ferronnerie Grésillon existe à Belleville depuis les années 50 et travaillait essentiellement, à l’époque, pour l’industrie automobile.

Mais elle a aussi réalisé dans le quartier un certain nombre d’œuvres en fer forgé en particulier sans doute pour le Palais du Commerce (105 rue du Fg du Temple).

Ce Palais est une “galerie marchande” à un seul accès construite  de 1923 à 1924 en vitrail et ferronnerie par l’Architecte Ferdinand Bauguil.  Le bâtiment en béton armé, aux sols pavés de verre avec une verrière en fond de galerie  est inscrit dans les répertoires supplémentaires des Monuments Historiques de France. (voir photos)

Pour la petite histoire, le sous-sol  abrite un bal musette, La Java, qui a vu débuter, entre autres, Edith Piaf et Maurice Chevalier…

Aujourd’hui Grésillon est donc un des derniers ateliers de métallerie  de Paris qui exécute des travaux sur mesure et des pièces uniques pour des décorateurs d’intérieur et  des architectes.

Mais sa survie est très menacée puisqu’en 2005, dans sa politique de préservation des activités artisanales, la Mairie de Paris préempte les locaux menacés : la ferronnerie Grésillon et 2 ateliers d’artistes.
En 2015, la SEMAEST, société mixte partenaire de la Ville de Paris, signe une promesse de vente des locaux à un promoteur qui a pour projet la démolition totale des bâtiments afin de construire un immeuble d’intérêt privé.
Ce projet immobilier conduira donc à la disparition de la dernière “ferronnerie” de Paris (qui emploie 8 salariés) et des ateliers emblématiques des Ateliers d’Artistes de Belleville (AAB).

Vous pouvez signer la pétition sur Facebook .

Parmi les ateliers d’artistes, installés depuis 1989 et tous désireux de sauvegarder les lieux de création au sein du paysage urbain, celui de Catherine Arnaud, sculpteur sur pierre, est à découvrir.

Label-Industrie a déjà fait un article sur la pierre en général (La Maison de la Pierre de L’Oise), son utilisation à des fins artistiques étant évidemment un prolongement naturel. Mais ce qui a particulièrement attiré notre attention est le travail de Catherine à partir d’outils, instruments en fer, récoltés dans la ferronnerie ou ayant été utilisés par elle même lors de la transformation d’un bloc de pierre en œuvre contemporaine.

Plus loin dans un autre atelier des aquarelles sont exposées sur de vieux établis. Et une magnifique enclume garde l‘entrée d’une autre…

Ce détournement d’outils en tout genre est joyeux, ludique et valorise les nombreux métiers qui se sont succédés, au fil du temps, dans cette cour populaire de Belleville.

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