Une usine intégrée : les forges de Buffon

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Les forges de Buffon sont une des premières “usines intégrées” du XVIIIe siècle. Les lieux sont en effet pensés pour l’optimisation des étapes de la fabrication. Ils rassemblent les installations industrielles, la maison du maître et les habitations ouvrières en un même espace. Autour d’une vaste cour rectangulaire, où l’on accède par deux grilles monumentales (forgées sur place en 1768) appuyées sur deux grands piliers de pierre de taille assez remarquable, sont disposés les bâtiments d’habitation du personnel à un niveau supérieur de 6 mètres au-dessus de la rivière tout comme la demeure du maître et des régisseurs ainsi que les remises et magasins de fer. Une boulangerie, un potager et une chapelle sont aussi accessibles aux ouvriers. Par ailleurs, une orangerie et un pigeonnier complètent l’ensemble. Dans la partie productive, le bâtiment le plus remarquable est le haut-fourneau. Son accès se fait par un escalier majestueux qui permet aux invités de marque d’admirer la coulée du métal en fusion. Alimentées par l’Armançon, des roues à aube apportent la force hydraulique nécessaire pour alimenter les machineries telles que les soufflets, les marteaux, le bocard et le patouillet.  Le  fer est ensuite découpé en barres dans la fenderie à l’aide de cylindres cannelés.

À la fin du XVIIIe siècle, la production est de 450 tonnes de fer par an et les forges occupent jusqu’à 400 ouvriers. Toutes les douze heures, une coulée de fonte d’une tonne peut être versée dans un moule de sable après l’ouverture à coups de ringard (barre de fer) de la partie inférieure du haut-fourneau. Les forges ont ainsi fourni le fer utilisé pour clôturer de grilles du Jardin des Plantes à Paris, dont Buffon était l’intendant. Elles ont aussi fourni des ferronneries et des rampes d’escaliers. Évidemment, Buffon utilise surtout l’établissement à titre de laboratoire : amélioration des canons de la Marine, effets de la chaleur obscure, etc.
Buffon fait partie des fondateurs de la “Compagnie pour l’exploitation et l’épuration du charbon de terre”, patronnée par Necker et Maurepas, afin de développer la fabrication du coke déjà expérimentée par les Anglais à une échelle importante, comme Jars, Inspecteur des forges royales et ami de Buffon, le rapportait dans son ouvrage “Voyages Métallurgiques” en 1769.
Accaparé par son travail personnel, Buffon confie la gestion de la Forge à Chesneau de Lauberdières en 1777. Celui-ci pille les forêts environnantes et fuit avec la caisse en 1785. Buffon doit reprendre la forge.

1784,  est l’année de la liquidation de la compagnie. Financièrement, son activité métallurgique est un échec. En 1791, trois ans après son décès, la Forge est vendue. L’activité sidérurgique se développe jusqu’à l’arrivée du charbon de terre – la houille et son dérivé le coke  au XIVe siècle. Buffon avait donc été un précurseur.
En 1866, un incendie met fin à l’activité sidérurgique qui est remplacée par une cimenterie jusqu’en 1923, date de la cessation de toute activité industrielle. La propriété appartient à la même famille depuis 1860, ayant par le jeu des alliances un ascendant commun avec Buffon. L’association pour la sauvegarde de la grande forge de Buffon a permis son ouverture au public de 1978 à 1997.
Depuis 1998, l’ouverture est assurée par les propriétaires.

Les anciennes forges bénéficient de plusieurs classements au titre des monuments historiques: un classement en 1943 pour le bâtiment de la forge et un classement en 1985 pour les façades et toitures de l’ensemble des autres bâtiments, le salon et salle à manger du pavillon du maître de forge, le mur de clôture et les sol des parcelles.

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